Combat de nègre et de chiens

de Bernard Marie Koltès


Mise en Scène : Jean Paul Viot

Présentation

affiche Combat de nègre et de chiensDans Combat de nègre et de chiens, l'action et l'intrigue de la pièce semblent être réduites au minimum. Un ouvrier noir a été tué sur un chantier situé en Afrique ; son frère (Alboury) vient réclamer le corps, mais personne ne peut satisfaire sa demande. Comme dans la tragédie antique, l'action s'est déjà déroulée et la représentation reste dans l'attente de cette requête. Les protagonistes semblent n'avoir qu'une seule arme : la parole. Mais les dérapages de leur langage font apparaître leur impuissance à maîtriser la situation.

Dans ce territoire d'angoisse et de solitude, Cal et Horn, les deux blancs de ce chantier perdu et inachevé, ne peuvent opposer que de misérables efforts pour gagner du temps et fuir devant la demande inflexible d'Alboury. Cette fuite ne fera que mettre en lumière les autres démissions qui ont peuplé la vie de chacun. Dans la peur profonde d'assumer leur existence, Cal et Horn se retrouvent dans la position de deux joueurs de poker qui ne peuvent plus bluffer encore très longtemps. Léone, la petite blanche fraîchement débarquée de l'avion, le petit cadeau de fin de carrière que Horn s'est offert, va dérégler la belle histoire que tout ce beau monde tentait de croire. Alboury, dans sa détermination, apportera sa note au bouquet final.

En une seule nuit, Léone et Alboury feront l'apprentissage du cynisme et de la violence. Au-delà de ses rêves et de ses désirs, Léone recevra l'Afrique en pleine face et, grâce à elle, nous serons obligés de regarder les choses d'une autre façon.
Koltès a toujours parlé des marges car pour lui, au centre, plus rien ne bouge. Dans Combat de nègre et de chiens, ce sont les confins du monde qui en deviennent le centre.

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